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L'historique du Domaine de la Devèze

Devèze vient de l'occitan devès, devesa : défens, pâturage ou bois communal dont l'usage est réglementé mais aussi jachère, friche.

Jusqu'au XVIème siècle nous trouvons une famille Devèze au mas de la Devèze.

Au cours du XIIème siècle lorsque les noms de famille se sont généralisés dans notre région, les familles ont pris le nom de leur mas. Nous pouvons donc faire l'hypothèse que le mas de la Devèze est très ancien. Plus précisément nous avons relevé une Audete de la Devèze de St Etienne de Robiac (Montoulieu) qui se marie en 1404 avec Etienne de Leuzière. Il est précisé que l'acte a été signé à la Devèze.

Au cours du XVème siècle nous rencontrons des Jean, Laurent, Etienne de la Devèze, des Galburge, Catherine, Antonie, Bérengère, Simone de la Devèze, tous du mas de la Devèze sans être certain de leur relation exacte. En 1490 Barthélemy Devèze, fils de Laurent de la Devèse épouse Marie Manhan du mas de la Citerne des Baucels, fille de Jean Manhan.
Un des vieux outils conservé par le Domaine de la Devèze

Archives du Domaine de la Devèze
Archives du Domaine de la Devèze
Archives du Domaine de la Devèze
1554
1592
1592

Le XVIème siècle va voir les difficultés s'amonceler sur le mas de la Devèze. En 1555 puis en 1560, Guillaume et Antoine Devèze, père et fils du mas de la Devèze vendent quatre châtaigneraies qu'ils possèdent à Cambo. En 1592 le 8 mai "Anthoine Domergue, laboureur habitant du mas de la Devèze paroisse de Montolieu et André Devèze dudit mas vandent a Sr Anthoine Aubanel tout et chacune les biens et droicts qu'ils ont dans la paroisse de Montolieu aux apartenances dudit mas de la Devèze consistant en maison, jasse, estable, terre labourative, vigne, jardin, bois debvois expleche et autre propriété culte et inculte dudit mas ... au prix de 183 escus 1/3 faisant 550 francs... "

Antoine Aubanel est un marchand de Saint-Hippolyte qui est aussi capitaine d'une compagnie protestante pendant les guerres de religion. A partir de 1588 il achète régulièrement des terres à Montoulieu jusqu'à cet achat du mas de la Devèze. Il achète également la même année le mas de Ségalas à Montoulieu. Il s'y installe et y meurt en 1594. Son fils aîné Benjamin lui succède. Il épouse en 1605 noble Marie de Folhaquier, héritière du domaine de Cézas.

En 1603 nous avons un acte de donation de Jean de la Devèze à Benjamin Aubanel : le 23 juillet... "Jehan Devèze fils de feu Pierre du mas de la Devèze paroisse de Montolieu... lequel scachant navoir aulcung industrie pour gnaigner sa vye ny aulcung mestier pour travalher considérant aussi le peu de bien quil a ...et que quand il venoit en vieilhesse de saler (d'aller) mendier son pain ...et ayant trouvé en Benjamin Aubanel dudit mas della Devèze qui se seroit offert le nourrir et entretenir en sa maison durant sa vie ... ledit Devèze de son bon gré et franche volonté ... a donné... audit Benjamin Aubanel ... scavoir est tout et chascun ses biens ... consistant en son droit de légitime et en autre droit de légitime de Alexandre Devèze son frère a luy donner à prendre sur l'héritage dudit Pierre Devèze son père ... premièrement sera tenu ledit Aubanel comme a promis nourrir, entretenir, vestir et chausser ledit Devèze, le tenir sain et malade dans sa maison, d'acquitter toutes les sommes que ledit Devèze doit et icelluy Devèze sera tenu de travailler et pour le bien et proffit dudit Aubanel... Faict et recitté audit mas de la Devèze... ".

C'est un type d'acte que l'on retrouve régulièrement de la part de gens malades ou âgés sans enfants. Benjamin Aubanel va acheter le titre de seigneur de Montolieu en 1611 auprès du Prince de Valois et de sa femme Charlotte de Montmorency qui est entre autre baronne de Sauve et signera dorénavant noble Benjamin d'Aubanel sieur de Montolieu. L'anoblissement "sauvage" après l'achat d'une seigneurie est très courant chez beaucoup de bourgeois enrichis de l'époque ; son fils aîné Benjamin portera le titre de sieur de la Devèze.

Mais après 1619 ils habiteront à Saint Hippolyte puis à Cézas. Antoine Aubanel ayant laissé des dettes, tous les biens des Aubanel situés à Montoulieu sont vendus à Fulcrand de Roquefeuil habitant en son château de Londres en 1619. Celui ci l'afferme le 10 octobre au même Benjamin Aubanel, pour un an, au prix de 700 livres par an. A cette occasion nous apprenons qu'il y a une safranière au mas de la Devèze (ou sur une terre de Montoulieu). Il est précisé que le fermier doit "laisser la safranière garni de safran" à la fin du fermage.

En 1660 après la mort de Benjamin Aubanel sieur de la Devèze, son père le sieur de Montoulieu envisagera de racheter la seigneurie et domaine de la Devèze pour son fils Paul mais il n'y aura pas de suite.

En 1678 Antoine Mourgue est fermier du mas. Il tient son fermage de dame Jeanne de Soubeyran veuve et héritière de messire Blaise de Roquefeuil, vicomte de la Rode et baron de Londres.

On trouve toujours dans la région des Devèze particulièrement à Montoulieu et Saint Hippolyte sans interruption, jusqu'en 1783 et sûrement après.

Archives du Domaine de la Devèze
Archives du Domaine de la Devèze
1603
1603

HISTOIRE DU VIN DANS NOTRE REGION

La Plane

"la plaine" où se situe la maison de maître avec la cave vitivinicole est le lieu le plus ancien du domaine car construit sur les fondations d'une ancienne villa romaine. l'occupation humaine sur le domaine remonte jusqu'à la préhistoire comme en témoigne les nombreux tessons de poterie et silex taillés trouvés dans les vignes, ainsi qu'un menhir trouvé en bordure du domaine.
Fossile retrouvé sur le Domaine de la Devèze

Statue de Jules César
L'époque romaine et l'origine antique de la viticulture

La présence de la vigne dans les Terrasses du Larzac remonte à l'époque romaine, où la région de Lodève avait une situation privilégiée puisqu'elle s'étendait le long de la voie gallo-romaine, artère de circulation particulièrement fréquentée. La période de la "Pax Romana" favorise ensuite l'extension du vignoble et la commercialisation du vin.

Le Moyen-Âge et l'influence bénédictine

En 782, sous le nom de Benoît, il crée le monastère d'Aniane, renouvelle la règle des bénédictins et devient l'initiateur de tout un maillage d'abbayes en Europe. L'abbaye d'Aniane, "mère" des abbayes bénédictines européennes, donna ainsi naissance à près de 50 abbayes des Pyrénées au Rhône, dont celle de St Sauveur à Lodève, celle de St Saturnin et celle de Gellone à St Guilhem le Désert.

La carte du domaine héraultais de cette dernière montre l'influence qu'elle a eue dans le secteur du Larzac, où elle ne possédait pas moins d'une trentaine de "manses", une vingtaine de "terroirs". Elle s'étendait vers la vallée de la Buèges, comme en témoignent les églises romanes et prieurés qu'on y trouve.

Les premiers vins étaient élevés dans les caves des prieurés bénédictins. Les cuves étaient souvent tapissées de pavés de terre vernissés fabriqué à St Jean de Fos.
Extrait d'un parchemin d'époque moyennageuse

Tapisserie d'époque
L'extension du vignoble au XVIème siècle

Les seigneurs ont été contraints d'autoriser "l'essartage" des piémonts. Les terres défrichées ne pouvaient guère recevoir que des plantations de vignes, d'oliviers et d'amandiers. Tous les habitants possédaient au moins une pièce de vigne.

Jusqu'au XVIIIème siècle, le raisin était égrappé à la vigne, à l'aide d'un trident de bois, puis transporté dans des baquets jusqu'à la maison du vigneron, où il était alors foulé aux pieds. Les faibles rendement 5 à 20 hl s'expliquent par le fait que la surface agricole était répartie entre oliviers et amandiers pour la consommation et vignes qui apportaient la monnaie.

Le succès du commerce des vins aux XVIIème et XVIIIème siècle

Deux grands événements ont marqué la région des Terrasses du Larzac : L'essor de la production des eaux-de-vie avec la création d'une distillerie dans presque chaque village viticole, ce qui a créé une source de richesse pour les vignerons et le développement du commerce local avec les échanges nombreux vers le Massif Central.

La mise en place et le respect des règles de vendanges est contrôlé de manières très stricte. Enfin le décret de Marly signé par le roi en 1770, qui autorise le défrichement à grande échelle, va permettre une nouvelle extension du vignoble.
Peinture de Louis XVI

Gravure du XIXème siècle
La période des crises de la fin du XIXème et début du XXème siècle

Le Phylloxera touche le vignoble à la fin du XIXème. Le modèle productiviste inadapté au sol peu fertile des Terrasses va conduire naturellement au développement de vins de qualité.

En 1998, la commune de Montoulieu sur les Terrasses du Larzac est classé en A.O.C."Coteaux du Languedoc" par l'I.N.A.O. (arrêté du 18/05). Les Terrasses du Larzac regroupent donc aujourd'hui 30 communes.

Le Mas de La Devèze, sur la hauteur au coeur des bois de Monnier, est une ancienne place forte probablement du XIIème ou XIIIème siècle avec une bergerie annexe utilisée jusqu'à nos jours puis transformée en magnanerie (élevage du vers à soie) au XVIIIème siècle. Restauré aujourd'hui en gîtes ruraux et appartements, c'est elle qui a donné son nom au Domaine de La Devèze.



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