ETHYMOLOGIE DU MOT "Devèze"

La Devèze vient de devès, devesa ou dehesa. Une zone mise en défense ou il est interdit de couper la forêt ou faire paître les moutons, une zone dont l’usage est réglementé : jachère, friche.

Un viel acte notarié retrouvé stipule qu’une Odette de la Devèze de St Etienne de Robiac (Montoulieu) se marie en 1404 avec Etienne de Leuzière. Il est précisé que l’acte a été signé à la Devèze.
En France, les patronymes ayant été donné au XIIème siècle, il est fort probable que cette famille y était déjà installée à ce moment-là, comme en attestent les plus vieilles parties des bâtiments datés de cette période. Lorsque les noms de famille se sont généralisés dans notre région, les familles ont pris le nom de leur mas. Nous pouvons donc faire l’hypothèse que le mas de la Devèze est très ancien.

De plus, le chemin qui traverse le Mas fortifié est l’ancien chemin romain qui passe l’hermitage de Monnier et qui redescend vers Ferrières les Verreries et Pompignan comme en attestent encore deux arches restant du vieux pont gallo-romain enjambant le ruisseau.

HISTOIRE DU VIN DANS NOTRE RÉGION

Le Mas de la Plane (la plaine)
Il se situe au milieu des terres agricoles en contrebas de la Devèze, c’est la ferme vitivinicole ainsi que la maison de maître bâtie sur les fondations d’une ancienne villa gallo-romaine. L’occupation humaine sur le domaine remonte jusqu’à la préhistoire comme en témoignent les nombreux tessons de poterie et silex taillés trouvés dans les vignes, ainsi qu’un menhir trouvé en bordure du domaine.

L’époque romaine et l’origine antique de la viticulture
La présence de la vigne dans les Terrasses du Larzac remonte à l’époque romaine, où la région de Lodève avait une situation privilégiée puisqu’elle s’étendait le long de la voie gallo-romaine, artère de circulation particulièrement fréquentée. La période de la "Pax Romana" favorise ensuite l’extension du vignoble et la commercialisation du vin.

Le Moyen-Âge et l’influence bénédictine
En 782, sous le nom de Benoît, il crée le monastère d’Aniane, renouvelle la règle des bénédictins et devient l’initiateur de tout un maillage d’abbayes en Europe. L’abbaye d’Aniane, "mère" des abbayes bénédictines européennes, donna ainsi naissance à près de 50 abbayes des Pyrénées au Rhône, dont celle de St Sauveur à Lodève, celle de St Saturnin et celle de Gellone à St Guilhem le Désert.

La carte du domaine héraultais de cette dernière montre l’influence qu’elle a eue dans le secteur du Larzac, où elle ne possédait pas moins d’une trentaine de "manses", une vingtaine de "terroirs". Elle s’étendait vers la vallée de la Buèges, comme en témoignent les églises romanes et prieurés qu’on y trouve.

Les premiers vins étaient élevés dans les caves des prieurés bénédictins. Les cuves étaient souvent tapissées de pavés de terre vernissés fabriqué à St Jean de Fos.

Extrait d’un parchemin d’époque moyenâgeuse

L’extension du vignoble au XVème siècle
Les seigneurs ont été contraints d’autoriser "l’essartage" des piémonts. Les terres défrichées ne pouvaient guère recevoir que des plantations de vignes, d’oliviers et d’amandiers. Tous les habitants possédaient au moins une pièce de vigne.

Jusqu’au XVIIIème siècle, le raisin était égrappé à la vigne, à l’aide d’un trident de bois, puis transporté dans des baquets jusqu’à la maison du vigneron, où il était alors foulé aux pieds. Les faibles rendement 5 à 20 hl s’expliquent par le fait que la surface agricole était répartie entre oliviers et amandiers pour la consommation et vignes qui apportaient la monnaie.

Le succès du commerce des vins aux XVIIème et XVIIIème siècle
Deux grands événements ont marqué la région des Terrasses du Larzac : L’essor de la production des eaux-de-vie avec la création d’une distillerie dans presque chaque village viticole, ce qui a créé une source de richesse pour les vignerons et le développement du commerce local avec les échanges nombreux vers le Massif Central.

La mise en place et le respect des règles de vendanges est contrôlé de manières très stricte. Enfin le décret de Marly signé par le roi en 1770, qui autorise le défrichement à grande échelle, va permettre une nouvelle extension du vignoble.

La période des crises de la fin du XIXème et début du XXème siècle
Le Phylloxera touche le vignoble à la fin du XIXème. Le modèle productiviste inadapté au sol peu fertile des Terrasses va conduire naturellement au développement de vins de qualité.

Le Mas de La Devèze, sur la hauteur au coeur des bois de Monnier, est une ancienne place forte probablement du XIIème ou XIIIème siècle avec une bergerie annexe utilisée jusqu’à nos jours puis transformée en magnanerie (élevage du vers à soie) au XVIIIème siècle. Restauré aujourd’hui en gîtes ruraux et appartements, c’est elle qui a donné son nom au Domaine de La Devèze.